Musulmans à Québec: un processus démocratique

(Québec) Au contraire de l’Église catholique, où les prêtes sont nommés dans une paroisse par leur évêque, l’imam d’une mosquée est choisi de manière démocratique par la communauté qui la fréquente. Lorsque celle-ci décide que son imam ne convient pas, elle peut tout simplement ne pas renouveler son contrat. C’est ce qui s’est produit en 2008, avec le premier imam officiel de Québec.

L’épisode est encore douloureux. L’ancien président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) Boufeldja Benabdallah l’évoque avec beaucoup de précautions, puisque l’événement a créé un véritable schisme au sein de la communauté alors que deux clans s’opposaient, ceux pour et ceux contre l’imam.

D’origine égyptienne, l’imam avait été recruté par le CCIQ en 2007, après un appel d’offres international.

Son passage à la mosquée Annour de l’avenue Myrand durant le mois du ramadan avait été concluant pour le CCIQ, qui lui avait offert un contrat d’un an.

Mais les relations entre le CCIQ et l’imam se sont tendues. En plus de mésententes sur le plan administratif, le discours parfois rigide de l’Égyptien ne cadrait pas dans le contexte québécois. D’autant plus que l’imam ne parlait pas français, un handicap majeur pour les membres de la communauté majoritairement francophiles.

Son contrat n’a donc pas été renouvelé par les membres de l’assemblée générale du CCIQ. Cette même assemblée avait cependant accepté que le CCIQ puisse le parrainer afin qu’il obtienne sa résidence permanente avec sa famille, ce qui en a fait sourciller plus d’un dans la communauté, comme l’explique Souheil Hassine, qui fréquente depuis longtemps la mosquée de Sainte-Foy.

Ces deux décisions issues de l’assemblée générale illustrent l’approche «démocratique» retenue par le CCIQ, souligne M. Benabdallah.

Depuis, des précautions ont été prises par le conseil d’administration du CCIQ, qui, dans son appel d’offres lancé à l’international, a demandé entre autres à ce que les imams qui souhaitent poser leur candidature parlent arabe, la langue du Coran, mais aussi le français. Parmi la dizaine de candidats, Benaïssa Abdelbasset répondait aux critères fixés et après plusieurs années sans imam, le jeune algérien a été accueilli à la Grande Mosquée de Québec au mois d’août.

Mais celui qui se définit comme un imam «du juste milieu» est néanmoins soumis aux mêmes règles que son prédécesseur. «Il sait très bien qu’il peut partir s’il ne fait pas l’affaire», rappelle Boufeldja Benabdallah.

via Musulmans à Québec: un processus démocratique | Annie Mathieu | Québec musulmane.

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